Introduction : L’appel de l’aventure solo
Partir seule, sac au dos ou sur une selle, pour plusieurs jours de marche ou de pédalage : l’idée fait rêver de plus en plus de femmes. Entre quête de liberté, reconnexion à soi et défi personnel, les voyages itinérants en solo séduisent. Pourtant, les questions fusent : Est-ce sûr ? Comment gérer la solitude, les imprévus, ou les regards parfois insistants ? Entre peurs infondées et risques réels, faisons le point pour trancher : bonne ou mauvaise idée ?
Pour : Une expérience transformatrice et maîtrisable
La liberté absolue et l’autonomie
Voyager seule, c’est choisir son rythme, ses étapes, ses rencontres sans compromis. « Je me suis sentie plus forte que jamais après mon tour du Lac Léman à vélo en solo », confie Élodie, 32 ans, sur le forum Voyage Forum. Les femmes qui osent le solo reviennent souvent avec un sentiment de fierté et une confiance en soi décuplée.
Exemple inspirant : Sarah Marquis, exploratrice suisse, a traversé à pied des continents entiers (Sibérie, Australie). Dans son livre « Sauvage par nature », elle explique comment ces aventures l’ont rendue résiliente. « La peur est normale, mais elle ne doit pas nous paralyser. »
Ressources utiles :
- Le guide « Randonner seule au féminin » sur Randonner Malin donne des conseils pratiques pour préparer son itinéraire.
- Le site She Goes Out (en anglais) partage des récits de femmes aventurières.
Des risques souvent surestimés
Les médias amplifient parfois les dangers (agressions, accidents), mais les statistiques montrent que les risques pour une femme seule en nature sont comparables à ceux d’un homme – voire moindres si elle est bien préparée.
- En France, les sentiers de grande randonnée (GR) sont sécurisés et fréquentés. Le GR20 en Corse ou le Chemin de Compostelle voient passer des milliers de randonneuses solo chaque année sans incident majeur.
- À vélo, les pistes cyclables (comme la Vélodyssée ou la Loire à Vélo) sont bien balisées. Le site France Vélo Tourisme propose des itinéraires adaptés.
Témoignage : « J’ai fait Paris-Brest à vélo seule l’été dernier. Les gens étaient bienveillants, et j’ai dormi en camping ou chez l’habitant via Warm Showers« , raconte Claire sur Bikepacking France.
Une communauté solidaire
Contrairement aux idées reçues, les voyageuses solo ne sont pas isolées :
- Les refuges et gîtes sont des lieux de rencontres. Sur le Tour du Mont-Blanc, par exemple, les randonneurs forment une micro-société entraidante.
- Les réseaux sociaux regorgent de groupes dédiés, comme « Femmes Voyageuses » sur Facebook ou Girls Who Travel.
- Les applications comme Komoot ou Wikiloc permettent de partager son itinéraire en temps réel avec des proches.
Contre : Les défis à anticiper
La charge mentale et la solitude
Partir seule implique une logistique accrue : porter son matériel, gérer les imprévus (météo, blessure), et parfois affronter la solitude.
- Solution : Bien tester son équipement avant de partir (sac à dos, tente, réchaud). Le site Trekking Mag propose des check-lists détaillées.
- Astuce : Prévoir des étapes courtes au début pour s’adapter. « Mon premier jour sur le GR10, j’ai sous-estimé la fatigue. J’ai dû raccourcir mes étapes », raconte Laure sur Au Féminin.
Les regards et les comportements sexistes
Même si la plupart des rencontres sont positives, certaines femmes rapportent des remarques déplacées ou un manque de crédibilité (« Tu es sûre que tu vas y arriver toute seule ? »).
- Comment réagir :
- Ignorer les commentaires inutiles.
- Se renseigner sur les cultures locales (ex. : éviter de camper seule dans certains pays).
- Privilégier les hébergements féminins ou mixtes sécurisés (comme les auberges de jeunesse ou les couchsurfing vérifiés).
Ressource : Le guide « Voyager seule en tant que femme » sur Nomad Junkies donne des conseils par destination.
Les risques physiques et sanitaires
- Blessures : Une entorse en montagne peut devenir critique si on est isolée. Solution : Emporter une trousse de secours et un téléphone satellite (comme ceux de Garmin).
- Hygiène : Gérer ses règles en randonnée peut être compliqué. Alternative : La coupe menstruelle ou les culottes périodiques (marques comme Elia).
- Météo : Un orage en altitude ou une canicule à vélo peut être dangereux. Outil : Consulter Météo France et adapter son itinéraire.
Notre verdict : Oui, mais avec préparation !
Partir seule en randonnée ou à vélo sur plusieurs jours est une excellente idée, à condition de :
✅ Bien choisir son itinéraire (éviter les zones isolées ou à risque).
✅ Tester son matériel avant le départ (sac, vélo, tente).
✅ Informer ses proches de son parcours (via ShareMyRide pour les cyclistes).
✅ Écouter son intuition : si une situation semble dangereuse, rebrousser chemin n’est pas un échec.
Exemple réussi : Le projet « Donneuses de Voie » (site officiel) accompagne les femmes dans la préparation de leurs aventures solo, avec des ateliers et des retours d’expérience.
En conclusion : Osez, mais prudemment !
Comme le dit Alexandra David-Néel, première femme européenne à entrer à Lhassa en 1924 : « La vie est une aventure audacieuse ou elle n’est rien. » Les risques existent, mais ils sont maîtrisables. Avec une bonne préparation, partir seule en itinérance peut être l’une des plus belles expériences de votre vie – une preuve que les femmes ont leur place dans l’aventure, sac au dos ou guidon en main.
Et vous, prête à tenter l’aventure ? Partagez vos questions ou vos récits en commentaire !
- « Seule » de Lindsey Aldwinckle (récit d’une traversée de l’Australie à vélo).
- Le documentaire « Wild » (2014) sur une randonnée solo sur le Pacific Crest Trail.
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