Un voyage littéraire au cœur de l’Afrique
Si l’Afrique vous fascine, si les récits d’aventure et les quêtes existentielles vous captivent, alors Le Baobab de Stanley de Guillaume Jan est un livre à glisser sans hésiter dans votre besace. Entre road-trip initiatique et plongée dans les méandres de l’histoire coloniale, ce roman nous entraîne des savanes du Kenya aux forêts du Congo, sur les traces d’un homme en quête de sens et d’un continent aux mille visages.
L’histoire : sur les pas d’Henry Morton Stanley
Le héros du roman, Stanley Bheki, est un jeune Kenyan métis, tiraillé entre ses origines africaines et européennes. Quand il hérite d’un mystérieux carnet ayant appartenu à l’explorateur Henry Morton Stanley – célèbre pour sa recherche de David Livingstone et ses expéditions controversées en Afrique centrale –, il décide de partir sur les traces de ce personnage ambigu.
Son périple le mène à travers l’Afrique de l’Est, du Kenya à la République démocratique du Congo, en passant par l’Ouganda et la Tanzanie. Mais ce voyage n’est pas seulement géographique : c’est aussi une exploration de l’héritage colonial, des cicatrices laissées par l’histoire, et d’une identité en construction.
Pourquoi ce livre résonne avec les voyageurs ?
- Une immersion dans l’Afrique contemporaine et historique Guillaume Jan, journaliste et grand voyageur, restitue avec justesse les paysages, les odeurs et les contradictions du continent. Entre bidonvilles de Nairobi, réserves naturelles du Serengeti et villages perdus du Congo, le lecteur voyage autant que le personnage. Exemple marquant : Les descriptions des monts Rwenzori, surnommés les « Montagnes de la Lune », ou les rencontres avec des communautés pygmées, offrent une Afrique loin des clichés touristiques.
- Un road-trip initiatique Comme dans L’Usage du monde de Nicolas Bouvier ou Dark Star Safari de Paul Theroux, Le Baobab de Stanley est un récit de voyage où le déplacement physique se double d’une quête intérieure. Stanley Bheki, en suivant les pas de l’explorateur britannique, interroge son propre rapport à l’Afrique et à son histoire familiale.
- Une réflexion sur le colonialisme et ses séquelles Le roman ne tombe jamais dans le manichéisme. Henry Morton Stanley, figure à la fois héroïque et cruelle, incarne les ambiguïtés de l’époque coloniale. À travers les yeux de Stanley Bheki, Guillaume Jan questionne la mémoire, la culpabilité et la réappropriation de l’histoire par les Africains. Passage clé : La visite des chutes Stanley (aujourd’hui chutes Boyoma en RDC), où le personnage mesure l’écart entre le récit glorifié des explorateurs et la réalité des populations locales.
- Un style vivant et cinématographique L’écriture de Guillaume Jan est rythmée, alternant dialogues percutants, descriptions sensorielles et réflexions profondes. On pense parfois à un mélange entre J.M.G. Le Clézio (pour la poésie des paysages) et Kapuscinski (pour le regard politique et humain).
Extraits qui donnent envie de partir
« L’Afrique n’est pas un pays, c’est un continent de paradoxes. On y meurt de faim à côté de terres fertiles, on y prié Dieu en brûlant des sorciers, on y célèbre l’indépendance en parlant français. »
« Le baobab, lui, ne ment jamais. Il pousse là où il a germé, indifférent aux frontières tracée à la règle par des Européens attablés dans des salons lointains. »
Pour qui est ce livre ?
- Les amateurs de récits de voyage qui cherchent une aventure à la fois géographique et intellectuelle.
- Les passionnés d’histoire africaine, notamment de la période coloniale et de ses répercussions aujourd’hui.
- Les lecteurs en quête d’identité, sensibles aux thèmes du métissage et de la transmission.
- Les rêveurs d’Afrique, ceux qui ont déjà foulé ses terres ou qui rêvent de le faire.
Notre avis chez Récits Voyageurs
Le Baobab de Stanley est bien plus qu’un roman : c’est une invitation à repenser notre rapport à l’Afrique. Guillaume Jan évite les écueils du misérabilisme comme de l’exotisme facile, pour offrir une œuvre équilibrée, documentée et profondément humaine.
Si vous aimez les livres qui font voyager autant qu’ils font réfléchir, celui-ci est fait pour vous. Et qui sait ? Peut-être qu’après l’avoir lu, vous aurez, vous aussi, envie de planter votre propre baobab quelque part en Afrique…
Pour aller plus loin : Lisez aussi « Au cœur des ténèbres » de Joseph Conrad ou « L’Afrique fantôme » de Michel Leiris pour prolonger la réflexion sur l’Afrique coloniale.

