Tu marches, il marche, vous marchez – Moi je cours de Marie Dorin

Dans un monde où les attentes sociales, les normes et les pressions pèsent souvent sur les épaules des femmes, Marie Dorin, championne olympique de biathlon et figure emblématique du sport français, brise les codes avec son livre autobiographique « Tu marches, il marche, vous marchez… Moi, je cours » (éd. Marabout, 2021). Bien plus qu’un simple récit sportif, cet ouvrage est un manifest pour l’émancipation, la confiance en soi et le droit de tracer sa propre voie, quels que soient les obstacles.

À travers des anecdotes percutantes, des réflexions profondes et une écriture sincère, Dorin nous invite à courir après nos rêves, sans se soucier du regard des autres. Un livre inspirant, drôle et parfois poignant, qui résonne bien au-delà du milieu sportif.

Une athlète hors norme, une femme libre

Marie Dorin Habert (de son nom marital) est une légende du biathlon français : médaillée d’or aux Jeux Olympiques de Sotchi en 2014 (relais mixte), double championne du monde, porte-drapeau de la délégation française aux JO de Pyeongchang en 2018… Pourtant, derrière les podiums et les performances se cache une femme qui a dû lutter contre les stéréotypes, les doutes et les injonctions pour s’affirmer.

Dans son livre, elle raconte son parcours avec une francheur désarmante :

  • Son enfance en Savoie, où elle grandit entre montagnes et liberté.
  • Ses débuts en biathlon, un sport exigeant où elle a dû prouver sa place parmi les hommes.
  • Ses combats contre l’anorexie, les blessures, et surtout le syndrome de l’imposteur.
  • Sa maternité, qu’elle a vécue comme une révolution intérieure, loin des clichés de la « superwoman ».

Ce qui frappe dans son récit, c’est son refus des cases. Elle ne veut pas être « la sportive modèle », « la mère parfaite » ou « la femme idéale » : elle veut simplement être elle-même, avec ses forces, ses faiblesses et ses contradictions.

« On m’a souvent dit : « Tu cours trop vite, tu vis trop vite, tu parles trop fort. » Mais moi, je cours parce que c’est comme ça que je respire. »

Un manifeste contre les injonctions sociales

Le titre du livre est une provocation assumée : « Tu marches, il marche, vous marchez… Moi, je cours. » Une phrase qui résume à elle seule le message de Dorin : pourquoi suivre le rythme des autres quand on peut choisir le sien ?

À travers des chapitres thématiques (« Je cours après l’amour », « Je cours après la perfection », « Je cours après moi »), elle aborde des sujets universels :

  • La pression sociale : « On attend des femmes qu’elles soient douces, discrètes, maternelles. Moi, j’ai toujours été bruyante, têtue, et j’ai refusé de m’excuser pour ça. »
  • La maternité et le sport : Elle raconte sans fard son retour à la compétition après sa grossesse, les critiques (« Tu abandonnes ton enfant pour courir ? »), mais aussi la fierté de montrer à sa fille qu’une femme peut tout concilier.
  • L’échec et la résilience : Ses défaites, ses blessures, ses moments de doute… et comment elle en a fait une force.

Son livre est un coup de pied dans les conventions, une invitation à oser être différente, à ne pas se laisser dicter sa vie par les attentes extérieures.

Un style vivant, drôle et touchant

Ce qui rend ce livre si captivant, c’est le ton de Marie Dorin : direct, drôle, parfois vulgaire, toujours authentique. Elle n’hésite pas à utiliser des expressions imagées, des anecdotes cocasses (comme ses galères en cours de danse classique enfant), ou des réflexions plus profondes sur la société.

On rit, on s’indigne, on s’émeut. Par exemple, quand elle décrit :

  • Son premier entrainement de biathlon, où elle se retrouve seule face à des hommes qui la sous-estiment.
  • Sa relation avec son corps, entre performance sportive et pression esthétique.
  • Son combat contre l’anorexie, qu’elle aborde sans tabou.

« J’ai passé des années à me détester parce que je ne rentrais pas dans le moule. Aujourd’hui, je réalise que le moule, c’est fait pour être cassé. »

Pourquoi ce livre est-il important ?

« Tu marches, il marche, vous marchez… Moi, je cours » n’est pas qu’un livre sur le sport. C’est :
Un plaidoyer pour la liberté féminine – Le droit de ne pas être « gentille », de ne pas vouloir d’enfants, de ne pas correspondre aux standards.
Un guide pour surmonter ses peurs – Comment transformer l’échec en moteur, comment oser dire non.
Un hommage à la résilience – Parce que la vie n’est pas un long fleuve tranquille, et que c’est OK de trébucher.
Une bouffée d’oxygène – Dans un monde où l’on nous dit sans cesse comment vivre, Dorin nous rappelle que notre vie nous appartient.

À qui s’adresse ce livre ?

  • Aux sportives (et aux sportifs !) qui cherchent de l’inspiration.
  • Aux femmes qui en ont marre des injonctions (« Sois mince, sois mère, sois parfaite »).
  • Aux parents qui veulent élever leurs enfants dans un esprit de liberté.
  • À tous ceux qui doutent et ont besoin d’un coup de pouce pour se lancer.

Courir vers soi

Marie Dorin ne nous donne pas de recette magique. Elle nous offre quelque chose de bien plus précieux : l’exemple d’une vie vécue à 200 à l’heure, sans compromis. « Moi, je cours » n’est pas une métaphore : c’est une philosophie.

Dans un monde où l’on nous pousse à marcher au pas, ce livre est un appel à l’audace. Alors, prêt·e à enfiler vos baskets ?

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